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VGP formation : obligations et cadre réglementaire

La vgp formation prépare vos salariés à vérifier grues, élingues et chariots selon le Code du travail : programme, durée et financement de la session.

Présentation de Viviane Legros
Viviane Legros · Ingénieure pédagogique ·
Vérificateur en gilet de sécurité contrôlant une élingue et un crochet de grue dans un atelier industriel

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Les textes n’exigent aucun diplôme précis pour réaliser une VGP. Ils demandent que la vérification soit confiée à une personne qualifiée, salariée de l’établissement ou non, capable de repérer une détérioration dangereuse et de juger si l’appareil peut rester en service. La formation VGP est la manière la plus courante de prouver cette qualification face à l’inspection du travail ou à un assureur. Elle permet aussi à une entreprise de réaliser une partie de ses contrôles en interne, au rythme de son parc, au lieu de dépendre uniquement d’un bureau de contrôle extérieur. La responsabilité, elle, reste toujours celle de l’employeur, quel que soit le vérificateur choisi.

Formation VGP : de quoi parle-t-on exactement ?

La Vérification Générale Périodique est un examen approfondi, réalisé à intervalles réguliers, d’un équipement de travail déjà en service. Son but est simple : détecter à temps l’usure, la déformation, la corrosion ou le dysfonctionnement d’un organe de sécurité avant qu’il ne provoque un accident. Pour un appareil de levage, cela couvre l’examen de l’état de conservation (structure, câbles, chaînes, crochets, freins, limiteurs) et des essais de fonctionnement, en charge lorsque c’est prévu.

Une formation VGP transmet donc trois choses : la connaissance des textes qui encadrent ces contrôles, une méthode d’inspection propre à chaque famille d’équipement, et la capacité à rédiger un rapport exploitable. Le stagiaire n’apprend pas à conduire l’engin, il apprend à le juger. C’est la différence fondamentale avec un CACES, qui porte sur la conduite (par exemple la recommandation R.490 pour la grue auxiliaire de chargement).

À qui s’adresse une formation de vérificateur VGP ?

Le public type se répartit en quelques profils bien identifiés :

  • Techniciens de maintenance d’une entreprise disposant d’un parc d’engins de levage (logistique, BTP, industrie, collectivités).
  • Chefs d’atelier et mécaniciens de garages poids lourds ou véhicules légers, qui utilisent ponts élévateurs, crics rouleurs et grues d’atelier.
  • Responsables HSE ou sécurité qui pilotent le planning des contrôles et veulent comprendre ce qu’ils signent.
  • Loueurs et réparateurs de matériel, souvent amenés à vérifier des équipements avant remise en location.
  • Personnes en reconversion qui visent le métier de contrôleur VGP dans un organisme spécialisé.

Les prérequis tiennent surtout à l’expérience : une base en mécanique, en hydraulique ou en électricité, une familiarité avec les engins concernés et la capacité à lire une notice constructeur. Pour un salarié, la démarche part le plus souvent de l’employeur ; pour une personne en recherche d’emploi, elle s’inscrit dans un projet professionnel plus large.

Concrètement, avant d’inscrire quelqu’un, listez les équipements qu’il devra vérifier et vérifiez qu’il les connaît déjà en usage : c’est ce qui conditionne la réussite de la session.

Cadre réglementaire des VGP et responsabilité de l’employeur

L’obligation de vérification périodique découle du Code du travail, qui impose à l’employeur de maintenir les équipements de travail en état de conformité et de les faire vérifier régulièrement (articles R.4323-23 et suivants). Pour les appareils et accessoires de levage, le texte de référence est l’arrêté du 1er mars 2004, qui précise la nature des vérifications, leur périodicité et le contenu attendu. Ce dispositif a pris la suite de textes plus anciens et s’articule avec la Directive Machines, qui fixe les exigences de conception à l’origine du marquage CE.

Plusieurs principes structurent ce cadre :

  • la vérification est confiée à une personne qualifiée, interne ou externe, dont l’employeur tient la liste à disposition de l’inspection du travail ;
  • les résultats sont consignés dans le registre de sécurité, avec les rapports correspondants, et conservés ;
  • les anomalies relevées doivent être levées avant toute remise en service lorsque la sécurité est en jeu ;
  • l’inspection du travail peut, dans certains cas, exiger qu’une vérification soit réalisée par un organisme accrédité.

Périodicité des vérifications sur les appareils de levage

L’arrêté du 1er mars 2004 fixe une périodicité de six mois pour une grande partie des appareils de levage mus mécaniquement et de douze mois pour d’autres catégories, dont les accessoires de levage. D’autres vérifications s’ajoutent à la VGP : examen d’adéquation, vérification lors de la mise en service et vérification de remise en service après démontage, modification ou accident. Une bonne formation fait travailler ces distinctions sur des cas concrets, car c’est souvent là que se glissent les oublis de planning.

Ce que risque une entreprise en cas de non-conformité

L’absence de VGP expose d’abord à un risque humain : chute de charge, rupture d’élingue, affaissement d’un hayon ou d’un pont élévateur. Sur le plan pénal, le Code du travail prévoit pour ce type de manquement une amende pouvant atteindre 10 000 euros, appliquée autant de fois qu’il y a de salariés concernés. En cas d’accident, l’absence de rapport à jour pèse lourdement dans l’appréciation de la faute de l’employeur, et l’assureur peut contester sa prise en charge si les contrôles exigés n’ont pas été faits. Le lien entre VGP et assurance est d’ailleurs l’un des arguments les plus concrets pour former un vérificateur interne.

Pour vous mettre en conformité, commencez par un inventaire de tous les appareils et accessoires de levage, avec pour chacun la date du dernier rapport et l’échéance suivante : ce tableau sert ensuite de base au plan de formation.

Équipements et engins de levage couverts par une formation VGP

Les catalogues fonctionnent presque toujours par famille d’équipement. Un vérificateur se forme domaine par domaine, en ajoutant des modules au fil des besoins de son entreprise. Le tableau ci-dessous récapitule les familles les plus courantes et les points de contrôle typiques abordés en formation.

Famille d’équipement Exemples Points de vérification travaillés
Chariots et engins de manutention Chariots élévateurs, gerbeurs, transpalettes électriques Mât, chaînes, fourches, circuit hydraulique, freins, dispositifs de retenue
Grues et bras de levage Grue auxiliaire, bras ampliroll, multibenne Structure, vérins, flexibles, limiteurs de charge et de moment, stabilisateurs
Hayons élévateurs Hayons de camions, élévateurs PMR sur véhicules Plateau, articulations, vérins, commandes, sécurités de descente
Matériels de levage de garage Ponts élévateurs, crics rouleurs, chandelles, grues d’atelier Ancrages, colonnes, bras, verrouillages, dispositifs anti-chute
Appareils de levage fixes Ponts roulants, potences, palans Chemins de roulement, câbles, crochets, fins de course, freins
Accessoires de levage Élingues, manilles, palonniers, pinces Marquage, usure, déformation, charge maximale d’utilisation
EPI contre les chutes Harnais, longes, antichutes mobiles Coutures, sangles, connecteurs, traçabilité

Les nacelles élévatrices (PEMP) figurent aussi dans de nombreux catalogues. Certains réseaux proposent enfin des modules voisins, comme la vérification des installations électriques, qui relèvent d’un cadre réglementaire distinct et ne se confondent pas avec la VGP levage.

Le cas des garages et des ateliers mécaniques

Les garages forment une cible à part. Leurs ponts élévateurs et crics sont utilisés tous les jours, souvent sous des véhicules lourds, et une défaillance a des conséquences immédiates. Des formations dédiées aux matériels de levage de garage existent : elles se concentrent sur les ponts à colonnes, à ciseaux et les fosses équipées, avec une partie importante consacrée aux ancrages au sol et aux verrouillages mécaniques.

Hayons, accessoires de levage et EPI : des modules courts mais exigeants

Le contrôle des hayons élévateurs, y compris les élévateurs destinés aux personnes à mobilité réduite, se travaille souvent en module autonome, car il concerne des flottes de véhicules entières. Les accessoires de levage et les EPI antichute demandent moins de temps, mais une grande rigueur : un défaut de couture sur une sangle ou une manille mal identifiée suffit à rendre l’accessoire inutilisable. Ces modules apprennent surtout à mettre au rebut sans hésiter et à tracer chaque élément.

Avant de demander un devis, regroupez vos équipements par famille : un seul vérificateur peut couvrir plusieurs familles, à condition d’avoir suivi chaque module correspondant.

Programme, durée et formats d’une formation VGP

D’un organisme à l’autre, le programme suit une trame comparable. Les catalogues observés annoncent en général une durée de 2 à 5 jours, qui varie selon le nombre de familles d’équipement abordées et le niveau de départ du groupe. Un module limité aux accessoires de levage tient en peu de temps, alors qu’un parcours combinant chariots, grues auxiliaires et hayons s’étale sur plusieurs jours.

Une session type enchaîne généralement les étapes suivantes :

  1. Cadre réglementaire : obligations du Code du travail, arrêté du 1er mars 2004, rôle de l’inspection du travail, responsabilités du vérificateur et de l’employeur.
  2. Technologie des équipements : fonctionnement des organes de sécurité, causes d’usure, lecture des notices et des plaques constructeur.
  3. Méthode de vérification : examen de l’état de conservation, essais de fonctionnement, essais en charge quand ils sont prévus, critères d’acceptation et de refus.
  4. Pratique sur matériel : inspection d’engins réels, idéalement ceux de l’entreprise en formation intra.
  5. Rédaction du rapport : formulation des observations, classement des anomalies, tenue du registre de sécurité.
  6. Évaluation : questionnaire théorique et mise en situation pratique, avant la remise d’une attestation.

Présentiel, intra-entreprise, inter-entreprise ou distanciel

Le format inter-entreprise réunit des stagiaires de structures différentes dans un centre de formation, à dates fixes. Il convient bien à une PME qui forme une ou deux personnes. Le format intra-entreprise se déroule sur le site du client, avec ses propres engins : c’est le plus efficace pour une entreprise dotée d’un parc important, car les cas pratiques collent à la réalité du terrain. Une partie théorique en visio est parfois proposée, notamment pour la réglementation, mais la pratique sur matériel reste indispensable : un vérificateur qui n’a jamais inspecté un vérin ou une élingue en conditions réelles ne sera pas jugé qualifié.

Compétences acquises à l’issue de la session

Au terme de la formation, le stagiaire doit savoir préparer une vérification, examiner un appareil selon une méthode reproductible, réaliser les essais adaptés, décider si l’équipement peut rester en service et rédiger un rapport conforme. Il doit aussi savoir reconnaître la limite de sa compétence : un défaut structurel complexe ou un équipement hors de son domaine relève d’un organisme spécialisé. L’attestation remise prouve le suivi de la formation, ce qui n’est pas la même chose qu’une certification inscrite à un répertoire national ; la différence entre attestation de fin de formation et certification mérite d’être comprise avant de choisir un parcours.

Pour fixer la durée juste, demandez à l’organisme le découpage horaire entre théorie et pratique : la part de pratique sur matériel est le meilleur indicateur de la valeur d’une session.

Devenir vérificateur contrôleur VGP : le parcours professionnel

Le métier de contrôleur VGP s’exerce de deux manières. En interne, le vérificateur reste technicien de maintenance ou mécanicien et ajoute cette mission à son poste, sur désignation de son employeur. En externe, il travaille pour un organisme de contrôle ou à son compte et intervient chez des clients variés, ce qui suppose de couvrir plusieurs familles d’équipement et de maîtriser parfaitement la rédaction des rapports.

Le parcours le plus fréquent part d’une expérience technique solide (maintenance industrielle, mécanique poids lourds, hydraulique), complétée par des modules VGP ajoutés un domaine à la fois : appareils de levage d’abord, puis éventuellement installations électriques ou autres équipements soumis à contrôle réglementaire. Pour une personne qui envisage une reconversion vers les métiers du contrôle, il est utile de vérifier en amont que son expérience technique sera reconnue par les organismes qui recrutent, car ils privilégient des profils déjà à l’aise avec les engins.

Les qualités attendues sont précises : rigueur, sens de l’observation, capacité à dire non à un client ou à sa hiérarchie quand un appareil doit être immobilisé, et clarté rédactionnelle. Le métier évolue aussi vers davantage de traçabilité numérique, avec des logiciels de gestion des VGP qui centralisent rapports, échéances et photos.

Si vous visez ce métier, commencez par le domaine que vous maîtrisez déjà en usage, puis élargissez : un premier module bien acquis vaut mieux qu’un catalogue complet survolé.

Choisir un organisme de formation VGP et financer la session

Les offres de formation VGP se ressemblent sur le papier. Pour les départager, quelques critères vérifiables suffisent :

  • Certification Qualiopi : indispensable pour mobiliser un financement public ou mutualisé, elle atteste de la qualité du processus de formation.
  • Profil des formateurs : demandez s’ils exercent ou ont exercé comme vérificateurs sur le terrain.
  • Matériel disponible : en inter-entreprise, le centre doit disposer d’engins réels pour chaque module annoncé.
  • Supports remis : grilles de vérification, modèles de rapport et fiches par équipement réutilisables après la session.
  • Modalités d’évaluation : la présence d’une épreuve pratique est un gage de sérieux.
  • Indicateurs publiés : taux de satisfaction et de réussite, à condition qu’ils soient datés et que la méthode de calcul soit indiquée.
  • Proximité géographique et calendrier : fréquence des sessions, centres partenaires, possibilité d’intervenir sur site.

Les témoignages clients ont une valeur réelle lorsqu’ils viennent d’entreprises de votre secteur et qu’ils décrivent le parcours suivi. Un organisme sérieux accepte aussi de mettre en relation avec d’anciens clients ou de détailler le programme heure par heure.

Financement : OPCO, France Travail et CPF

Pour un salarié, la formation VGP entre le plus souvent dans le plan de développement des compétences de l’entreprise, avec une possible prise en charge par l’OPCO de la branche selon ses critères et ses enveloppes. Pour une personne inscrite à France Travail, une aide individuelle peut être étudiée par le conseiller, dans le cadre d’un projet de retour à l’emploi. Le CPF n’est mobilisable que si la formation débouche sur une certification enregistrée au répertoire national ou au répertoire spécifique, ce qui n’est pas le cas de toutes les offres VGP ; les règles récentes du compte personnel de formation sont donc à vérifier avant toute inscription. Lorsque le CPF ne s’applique pas, d’autres pistes de financement existent, notamment du côté de l’employeur ou des dispositifs régionaux.

Sur le plan économique, former un vérificateur interne a du sens dès que le parc est important ou dispersé : l’entreprise gagne en réactivité, limite les immobilisations d’engins dans l’attente d’un passage extérieur et garde la maîtrise de son planning. Pour un parc réduit, le recours à un prestataire reste souvent plus simple.

Pour obtenir un devis comparable entre organismes, envoyez la même fiche à chacun : liste des équipements par famille, nombre de stagiaires, format souhaité (inter, intra), niveau technique des participants et mode de financement envisagé.

Un salarié formé à la VGP peut-il contrôler tous les engins de l’entreprise ?

Non, sa qualification vaut pour les familles d’équipement étudiées pendant sa formation. Un vérificateur formé aux chariots élévateurs n’est pas qualifié d’office pour une grue auxiliaire ou un pont roulant. L’employeur doit donc faire correspondre la liste des vérificateurs désignés avec les modules réellement suivis.

La formation VGP remplace-t-elle le CACES ?

Non, les deux n’ont pas le même objet. Le CACES valide la capacité à conduire un engin en sécurité, alors que la formation VGP apprend à en vérifier l’état et le fonctionnement. Un vérificateur peut avoir besoin de manœuvrer l’appareil pendant les essais, ce qui suppose d’être autorisé à le conduire.

Faut-il recycler sa formation de vérificateur VGP ?

Les textes ne fixent pas de durée de validité pour la qualification du vérificateur. Une remise à niveau régulière reste conseillée pour suivre l’évolution des équipements et des mises à jour réglementaires. Elle aide aussi l’employeur à justifier, en cas de contrôle, que la compétence du vérificateur est toujours actuelle.

Une entreprise peut-elle se passer d’un bureau de contrôle pour ses VGP ?

Oui, dans la plupart des cas, puisque la réglementation autorise une personne qualifiée appartenant à l’établissement. L’inspection du travail peut toutefois exiger ponctuellement l’intervention d’un organisme accrédité. Beaucoup d’entreprises combinent les deux : contrôles courants en interne et recours extérieur pour les équipements complexes.

L’auteur

Viviane Legros

Ingénieure pédagogique

Je conçois des parcours de formation en ligne pour des organismes et des services internes d’entreprise. Je teste moi-même chaque module que je recommande, parce qu’un bon cours se juge à la façon dont on tient jusqu’à la dernière séance.

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